Les interventions des élus de l'UPL au dernier conseil municipal

Conseil Municipal du 28 Juin 2010

INTERVENTION DE CHRISTIAN DECOCQ

Président du Groupe Union Pour Lille

sur le projet CITADELLE

 

Seul le prononcé fait foi.

 

Madame le Maire,

Chers Collègues,

Cher Eric Quiquet,

 

Il y a un an, presque jour pour jour, j’exprimais, ici, l’avis de mon Groupe sur le projet d’aménagement de la Citadelle.

 

Je n’ai pas changé, et je confirme notre accord sur la stratégie générale et notre réserve sur le stationnement prévu.

 

Mais nous avons approfondi notre réflexion, relu les diverses prises de position des diverses associations, relu aussi l’avis « déconcertant » du Conseil Communal de Concertation de 2007, enfin nous nous sommes rendus sur place et puis aussi réfléchi à des contre-propositions.

 

C’est le résultat de ce travail dont je veux vous rendre compte.

Mais avant, je veux ré insister sur la dimension de ce projet, qui n’est pas seulement un grand projet d’aménagement urbain, ce projet participe, j’ai eu l’occasion déjà de le dire pour le Plan Bleu, à la « bifurcation métropolitaine » comme l’écrivait le Professeur Jean-François STEVENS.

 

Ce projet, il est de même nature que le Casino, ou Lille 2004, il est le signe de la mutation lilloise, désormais grande ville culturelle et touristique.

 

C’est le projet de la confiance de cette ville à se reconstruire époque après époque, et par les temps qui courent cette confiance est essentielle.

 

C’est pourquoi, lorsque vous déclarez que la Citadelle c’est « l’espace des possibles », je vous trouve un peu en retrait !

La Citadelle, pour moi, c’est l’espace d’une ambition mondiale ! Celle du classement au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

 

C’est pourquoi, nous approuvons votre stratégie d’aménagement, de la « vision à 360° », celle qui englobe le Bois de la Deûle, la grande clairière, le grand Carré, la plaine des sports, le champ de Mars et le zoo.

 

Celle qui permettra, en outre, et nous en sommes d’accord, aux visiteurs de retrouver le plaisir de passer la journée à la Citadelle, ce qu’on voyait encore il y a 40 ans. Des familles entières, en route avec des ribambelles d’enfants dès le dimanche matin, pour aller pique-niquer, en tramway d’abord, puis à pied, ensuite.

 

Cette évocation, ce n’est pas le parfum de la nostalgie, mais une pratique future d’une vie urbaine réinventée, dans la cohérence de tout ce que nous décidons ici, et à Lille-Métropole, depuis tant d’années en matière de transports, d’espaces verts, d’économie d’énergie, bref au nom du développement durable.

 

Eh bien, ces cohérences il faut les retrouver entre les éléments du dossier lui-même.

 

En premier lieu, oui, nous approuvons l’arasement des édifices dont la volumétrie est désormais contraire à cette vision à 360°.

 

C’est pourquoi, nous ne souhaitons pas conserver, sous une forme ou une autre, les stands de tir, ni le stade d’athlétisme, ni la salle de sports et encore moins l’idée de conserver un Grimonprez-Jooris résiduel, comme cela est souvent évoqué par certains.

 

Le parti pris ouvert, qui recrée des espaces, des perspectives doit être celui d’une pureté de l’esthétique, mais aussi de la liberté des usages, souples, non figés, et qui n’ont pas besoin de structures rigidifiées qui vont créer de multiples contraintes et altérer la beauté d’un paysage unique, superbe et serein.

 

Evidemment, au nom de cette cohérence, on ne peut consentir à recréer des parkings.

J’observe d’ailleurs que le schéma, remis bien tardivement, se fait le choix d’une sémantique quasi freudienne en parlant de « poches » de stationnement.

 

Eh bien, cher Eric Quiquet, une poche c’est un terme utilisé par les militaires, Sedan, Dunkerque furent des poches, et on sait ce qu’il en advient, une poche c’est fait pour être réduit !

 

D’ailleurs, vous ne voulez pas les voir ces véhicules, puisque vous organisez en relief une ligne d’arbres dit le schéma « pour les rendre invisibles », et un décaissement pour les enterrer ! »

 

Alors le mieux, pour ne pas les voir, c’est de ne pas les faire venir !

Est-ce possible ? En partie oui.

En effet, il faut considérer les 2 secteurs : le secteur Nord, près de l’ancien Grimonmprez-Jooris et le secteur Sud, près du zoo.

 

Le secteur Nord, c’est celui de l’aire de stationnement des cars de tourisme, aire qui manque à Lille.

Or, il y a peut-être un scénario qui reprendrait l’idées des parcs relais, mais conçu sur le site Saint Sauveur.

 

Il est suffisamment vaste pour accueillir tous les projets qui mijotent dans les cartons.

 

A Saint-Sauveur, il y a assez de places pour un parc permanent de cars, et même pour y réaliser un parking-silos pour les véhicules légers.

 

Ce ne serait que 2 ou 3 hectares sur la superficie totale d’une vingtaine d’hectares, et quelle situation intéressante pour un report modal : on arrive par cars des autoroutes, on prend ensuite les navettes, et en plus on peut découvrir une nouvelle vitrine lilloise : les Halles Saint-Sauveur, le Parc Lebas et les terrasses des cafés restaurants qui n’attendent que cela !

Imaginez tout cela, ce sera plus sympa que le confinement prévu à l’écart de tout.

 

Alors la poche sud ? On peut discuter de réduire dans le cas d’une offre à Saint-Sauveur, d’un minimum de places pour des usages très réservés, et notamment handicapés, voir même de dépose-minutes.

 

En conclusion, nous considérons que sur ce point du stationnement le débat doit rester ouvert au cours de la concertation qui va s’ouvrir, et qui ne doit pas être formelle.

 

Evidemment, nous nous prononcerons à l’issue de cette concertation, et nous écouterons l’avis des Lillois, avant notre vote définitif.

 

Pour ce soir, nous nous abstiendrons, ne comprenant d’ailleurs pas cette nouvelle contradiction d’ouvrir un débat, et en même temps de se prononcer sur un texte qui tranche déjà.

INTERVENTION D'ISABELLE MAHIEU 

Conseillére municipale d'opposition

sur le bilan des conseils de quartier 2010

 

Madame le Maire, mes chers collègues,

 

Ce bilan me donne d’abord l’occasion de remercier chacune et chacun des Conseillers de quartier pour leur participation et leur investissement dans leur quartier mais aussi pour leur accueil toujours chaleureux à mon égard.

Comme nous l’avions demandé l’année dernière, ce sont cette fois-ci les conseillers de quartier qui se sont exprimés plus que leurs Présidents et assister à ces bilans a donc été très révélateur avec plusieurs constantes.

Le fonctionnement pyramidal de la Mairie Centrale vers les Mairies de quartier a une nouvelle fois été illustré par un Powerpoint quasi identique dans chaque quartier.

 

Il confirme que les avis des conseils de quartier sont toujours quasiment émis exclusivement à l’occasion de délibérations pour le Conseil Municipal, preuve en est l’audition, à leur demande, des mêmes élus dans les 10 Conseils de quartier, juste avant la délibération qui les concerne et qui passe au Conseil Municipal suivant, le rythme des réunions étant sur la même logique puisque toujours organisé en fonction des Conseils municipaux.

Les propositions sont toujours aussi rares ce qui n’est pas étonnant puisqu’on a appris dans le quartier du Centre, qu’un projet émis n’avait pas reçu « l’aval de l’Hôtel de Ville » et avait donc été abandonné.

 

De même aucune organisation de réunion thématique telle que prévu dans le règlement intérieur n’a eu lieu

On a ensuite assisté à un mélange des genres :

 

D’abord la présentation du Conseil Municipal d’enfants, intéressant mais qui a démontré le peu de travail commun avec les Conseils de quartier.

 

Ensuite, les réunions publiques incluses dans le bilan des Conseils de quartier alors qu’elles sont le plus souvent à l’initiative de l’élu concerné et donc de la Mairie Centrale.

 

Quand au bilan des fêtes et manifestations, on a mélangé celles relevant du Conseil de quartier et celles de la Mairie centrale.

Les projets du quartier réalisés ou à venir ont également été présenté en mélangeant allégrement ce qui relève strictement du Budget des Conseils de quartier, ce qui relève du Budget centralisé et même parfois ce qui relève du budget du Conseil général : exemple quand on évoquait un collège.

On a aussi assisté à un bilan de la réalisation des engagements du Mandat municipal dont on pourrait rapporter ici plusieurs exemples.

 

3) Où l’on a également vu comment se servir des Conseils de quartier comme outil de communication

A Wazemmes, le circuit pris pour l’édition du Journal de Quartier nous a été expliqué clairement : la maquette part à l’Hôtel de Ville pour lecture, amendements et… Walidation. Stupéfaction sur les bancs mais ça ne s’invente pas !

 

Dans la quasi-totalité des quartiers, a également été évoquée la distribution d’un agenda des évènements de la Ville à chaque Conseiller pour qu’il puisse en faire le relais auprès des habitants.

 

Que dire enfin du vibrant « merci à la Ville pour son appui politique et technique », de ce conseiller du Centre qui explique aussi que le Conseil de quartier « répond aux commandes de la Ville ». A Wazemmes, un autre explique que le Conseil de Quartier a pour mission de « relayer la volonté de la Mairie ». A Moulins que les Conseillers de quartier sont des « relais d’information incomparables ».

 

Enfin le débat. Comme l’année dernière, les habitants ont saisi l’opportunité de parler des préoccupations qui leur pourrissent le quotidien, preuve encore de leurs difficultés à les transmettre par l’intermédiaire des Conseils de quartier et surtout à être écoutés. On voit bien là que la quantité de réunions organisées dans les quartiers n’est en aucune manière la preuve d’une écoute attentive et active.

Tout cela confirme que les Conseils de quartier ne fonctionnent que dans un seul sens, c’est-à-dire de la Mairie centrale vers les Conseils de quartier et que de toute évidence, les Conseils de quartier sont utilisés au service de votre propagande municipale ! Ce que confirme d’ailleurs la nomination de Walid Hanna, Adjoint à la Démocratie Participative et à la Coordination des Quartiers comme Adjoint à la Communication. CQFD.

 

On a bien compris que les Conseils de quartier servaient de courroie de transmission à votre Majorité, ce que Pierre Mauroy, avec honnêteté avait reconnu dans une réponse à Christian Decocq : « on ne gagne pas des élections pour installer dans tous les quartiers un pouvoir de contestation, un pouvoir de riposte ».

 

C’est probablement la raison pour laquelle ces réunions tenaient davantage de la Tribune que du Bilan.

Notre Groupe souhaite donc que vous réorganisiez les Conseils de quartier comme la Loi vous y autorise en renversant la pyramide.

Pour cela, notre Groupe réclame un fonctionnement plus indépendant et plus interactif avec les autres instances de la Démocratie participative. Il demande la création de passerelles et de liens entre elles pour assurer leur complémentarité.

 

Il demande l’élaboration de procès-verbaux des réunions du Conseil de quartier en lieu et place des comptes rendus actuels qui ne relatent qu’imparfaitement les séances. La synthèse annuelle de ces procès verbaux permettrait la réalisation d’un bilan beaucoup plus objectif et valoriserait enfin le travail des conseillers de quartier dont nous saluons une fois encore la richesse du bénévolat.

 

Enfin nous demandons à ce que le Président du Conseil de Quartier ne soit plus un élu du Conseil Municipal mais qu’il soit désigné par ses pairs. Le lien indispensable entre le Conseil de quartier et le Conseil municipal se ferait par le biais d’un conseiller municipal, mais ce médiateur aurait comme unique rôle de transmettre les suggestions, vœux et avis du Conseil de quartier et non pas de le diriger.

 

Je vous remercie.